Milosevic a manqué sa sortie comme il a auparavant échoué dans toutes ses entreprises. En faisant beaucoup de bruit, en menaçant, puis en se rendant sans coup férir. Après avoir juré de se tuer avec toute sa famille, il a remis son sort entre les mains de la police de son pays. Ce comportement a un air de déjà-vu. Lors des bombardements de l'Otan au printemps 1999, n'avait-il pas menacé de résister jusqu'au dernier carré ? Au lendemain de sa capitulation, il affirmait sans vergogne que la Serbie n'avait pas perdu la guerre. Le même scénario s'était produit lorsqu'il avait lâché les Serbes de Croatie et de Bosnie, qu'il avait poussés dans la guerre, et avait signé les accords de Dayton, devenant aux yeux de ses médias «un homme de paix» et à ceux des diplomates internationaux «un partenaire incontournable».
Milosevic n'a jamais été un romantique wagnérien. On a sans doute trop insisté sur le suicide de ses deux parents. Il est surtout l'apparatchik type. Né en 1941 à Pozarevac, en Serbie, il a peut-être connu un avancement plus rapide que beaucoup de jeunes provinciaux grâce à son mariage avec la fille d'un dignitaire du Parti communiste, Mirjana Markovic, qui l'a épaulé durant toute sa carrière. Après des études de droit et un passage dans la banque, il entre en politique grâce au soutien d'un ex-condisciple d'université, Ivan Stambolic, qui le propulse en 1984 à la tête du comité du Parti communiste de Belgrade. Tito, le père fondateur de la Yougoslavie mo




