Ça recommence. Depuis deux semaines, l’horreur est de retour à Hassi Messaoud. Dans cette ville du grand Sud algérien, ces dernières semaines, des femmes ont été suivies, attaquées chez elles, battues, parfois torturées, souvent violées, systématiquement dépouillées de leurs biens et enfin menacées de mort si jamais elles parlaient. Les agresseurs sont des hommes, semble-t-il du coin, agissant en bandes, armés de grands couteaux, de gourdins et de haches. Les victimes sont des femmes seules, originaires du nord de l’Algérie, venues chercher du travail dans cette ville pétrolière théoriquement ultrasécurisée. Hassi Messaoud est, en effet, le coffre-fort du pays : c’est de là que provient une bonne partie de l’or noir, qui représente 95% des exportations. Pas question, donc, que l’insécurité ou le terrorisme puissent troubler la quiétude des multinationales étrangères installées sur place. Et pourtant…
Sauvagerie. Les scènes rapportées par le quotidien francophone El Watan, dans son édition de dimanche, seraient à peine croyables si l'histoire n'était pas en train de se répéter. Le 13 juillet 2001, en effet, plusieurs centaines d'hommes de Hassi Messaoud, fanatisés par un imam local, avaient mené une expédition punitive d'une terrible sauvagerie, un véritable lynchage durant lequel plusieurs dizaines de femmes isolées avaient été atrocement torturées et violées, certaines d'entre elles laissées pour mortes. Laissées pour mortes, c'est le titre




