Samir est seul dans l’immeuble qui tient plus du squat que de la résidence universitaire. Les autres étudiants passent leur week-end en famille. Lui, n’a nulle part où aller. Frissonnant dans les courants d’air qui s’infiltrent par les fenêtres cassées, il raconte, en demandant que son nom ne soit pas publié, comment, en janvier 2006, un permis de transit de six heures délivré par Israël lui a permis de quitter Gaza et de rejoindre l’université de Bir Zeit, près de Ramallah. Un aller sans retour.
Depuis, il est de facto assigné à résidence. Impossible de se risquer à passer les check-points aux abords de la ville palestinienne : les autorités israéliennes le considèrent en situation illégale et il risque de se faire reconduire immédiatement dans la bande de Gaza.
Depuis le début de la deuxième Intifada, en 2000, Israël interdit aux Palestiniens originaires de Gaza de séjourner en Cisjordanie pour des «raisons sécuritaires». Des restrictions renforcées depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza en juin 2007 et le blocus du territoire par Israël. Selon le bureau palestinien des Affaires civiles, 25 000 habitants de Cisjordanie sont menacés de retour forcé, que leur carte d'identité indique une adresse dans la bande de Gaza ou qu'ils soient nés dans l'enclave. Obligés d'éviter les check-points, ils s'abstiennent de se déplacer de plus de quelques kilomètres de leur lieu de résidence et peuvent difficilement chercher du travail ou voir leur famille.
«Maftoul».




