Barack Obama en a encore vu de toutes les couleurs hier. Par dizaines de milliers, les «Tea Partiers» étaient dans la rue en ce «jour des impôts» - le 15 avril est la date limite de remise des déclarations fiscales - pour crier leur ras-le-bol du «big government» et leur haine envers Obama. Pietro S. Nivola, chercheur à la Brookings et coauteur d'un livre sur la polarisation de la politique américaine, Red and Blue Nation ?, replace ces passions dans leur contexte historique.
A voir toutes ces rassemblements, hier encore, on dirait qu’il y a maintenant deux Amériques qui s’opposent et même se haïssent : celle d’Obama et celle des Tea Parties…
Il ne faut pas exagérer. Les Tea Parties sont des mouvements marginaux, même parmi la base du Parti républicain. Elles ont le soutien d'environ 10% des Américains [18% selon un sondage CBS-New York Times publié hier, ndlr]. Elles auront un impact sur les primaires en vue des prochaines élections de mi-mandat, en novembre : elles vont rendre plus difficile la nomination de républicains modérés. Mais, aux élections proprement dites, il est aussi possible que ces candidats perdent car ils sont trop extrêmes, comme on l'a vu dans l'Etat de New-York [lors d'une élection partielle, en novembre]. Scott Brown (1) a eu plus de succès au Massachusetts car il était modéré.
On entend sans cesse ces militants dans la rue, à la radio ou à la télévision, hurler qu’Obama est un «socialiste», un «musulman», un «nazi». C’est normal aux Etats-Unis ?
La haine n'est pas nouvelle dans la politique américaine. Souvenez-vous que Bill Clinton a été menacé d'impeachment pour des faits qui n'étaient tout de même pas si sérieux. Les attaques contre George W. Bush aussi étaient au vitriol, surtout au moment de la guerre en Irak. Dans une crise comme celle qu




