Le décompte des bulletins de vote a débuté vendredi au Soudan, après cinq jours d’un vote mouvementé, boycotté par une partie importante de l’opposition. Les résultats ne devraient pas être connus avant plusieurs jours et devraient consacrer la victoire du parti au pouvoir, le Congrès national du président Omar el-Béchir.
A l’ouverture, dimanche dernier, du vote prévu pour s’étaler sur trois jours en raison de la multiplicité des élections - présidentielle, législatives nationales et régionales, gouverneurs, et même municipales dans le sud du pays -, le chaos était au rendez-vous : urnes manquantes, bureaux fermés ou sans bulletins, candidats associés à des symboles graphiques erronés dans un pays où la majorité de la population est analphabète, mineurs autorisés à voter, encre indélébile qui s’efface, observateurs de l’opposition interdits de bureaux de vote, listes électorales fantaisistes… Un festival où la fraude a rivalisé avec l’incompétence. Même le président de la région du Sud-Soudan autonome et vice-président du pays, Salva Kiir, par ailleurs chef du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), s’est trompé d’urne ! Afin de faire taire les critiques, les autorités ont prolongé les opérations de vote de quarante-huit heures. D’après les observateurs, le taux de participation réel devrait être faible, largement inférieur aux 60% annoncés par la commission électorale au troisième jour.
Le gagnant des élections, le Congrès national, souffrira d’un déficit certain




