De menaces en affrontements, la crise politique que le pays traverse depuis deux ans pourrait amener les Thaïlandais à s’entre-déchirer. Le spectre d’une confrontation violente entre deux mouvements de masse - les «chemises rouges», qui réunissent les militants antigouvernementaux, et les «chemises jaunes», partisanes de l’establishment et royalistes - se fait plus vivace après l’ultimatum lancé hier par les jaunes au gouvernement, pour qu’il rétablisse l’ordre dans la capitale d’ici une semaine.
Au terme d'un congrès qui a réuni 5 000 délégués de l'Alliance populaire pour la démocratie (l'organisation des chemises jaunes) dans une université du nord de Bangkok, le porte-parole du mouvement a déclaré que le gouvernement avait «sept jours pour s'occuper des terroristes», faute de quoi les jaunes se mobiliseront «pour protéger le pays et la famille royale».
Le 10 avril, des affrontements violents dans le vieux Bangkok ont opposé les rouges, partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, aux militaires, provoquant 25 morts et plus de 800 blessés. Au lendemain des heurts, le gouvernement a accusé des «terroristes» de s'être mêlés aux manifestants et d'avoir tiré sur les militaires. Les rouges, issus en majorité des provinces rurales, avaient occupé plusieurs quartiers de la capitale depuis la mi-mars, pour réclamer la dissolution du Parlement et l'organisation de nouvelles élections. Ils reprochent au Premier ministre, Abhisit Vejjajiva, d'êt




