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Libération

Prêtre, père, polygame, pédophile… et couvert

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ParEmmanuelle Steels
MEXICO, de notre correspondante
Publié le 20/04/2010 à 0h00

Une légion d’abus. C’est l’héritage laissé par le prêtre mexicain Marcial Maciel, fondateur de la congrégation catholique des Légionnaires du Christ. Le Vatican a annoncé la clôture d’une enquête ordonnée par Benoît XVI sur le fonctionnement de cette secte réactionnaire. Il s’agit d’établir dans quelle mesure les actes de Maciel, pédophile notoire et hyperactif, drogué, polygame et père de plusieurs enfants nés de femmes différentes, ont déteint sur la «légion», disséminée dans 22 pays. Le pape devra décider du sort de cette congrégation qui compte 800 prêtres, 3 000 séminaristes et plus de 70 000 membres laïcs. Elle a bâti son pouvoir sur une immense fortune, alimentée par l’élite économique mexicaine, et un important réseau d’écoles et d’universités.

Maciel est mort en 2008 à 87 ans. Depuis, il ne cesse de faire la une des journaux du pays. D’abord, apparut une Espagnole ayant eu une liaison avec Maciel, dont est née une fille. Puis le scandale prit de l’ampleur. Le père des Légionnaires menait plus qu’une double vie : il y avait une autre femme, d’autres enfants. Enfin, il y a quelques jours, alors que le Vatican s’apprêtait à clore l’enquête, deux des fils de Marcial Maciel ont relaté en détail, lors d’une émission de radio très populaire au Mexique, les abus sexuels dont ils ont été victimes de la part de leur père dès l’âge de 7 ans. Morphinomane et manipulateur, le légionnaire en chef exerçait un terrible ascendant sur ses deux familles clandestines, auprès desquelles

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