La Russie et l’Ukraine ont scellé leur réconciliation par un accord prévoyant la baisse des prix du gaz russe en échange du maintien de la flotte russe en Crimée, sur la mer Noire. Un simple troc ? Un contrat gagnant-gagnant ? Les choses ne sont sans doute pas si simples, car il s’agit d’un accord éminemment politique qui replace l’Ukraine dans l’orbite russe. Et porte atteinte à sa souveraineté, accuse l’opposition ukrainienne.
Rabais. L'accord conclu mardi par Dmitri Medvedev et Viktor Ianoukovitch, lors de la première visite à Kiev du président russe depuis l'élection en février de son homologue ukrainien, prolonge de vingt-cinq ans la location de la base russe de Sébastopol en échange d'un rabais de 30% sur le prix du gaz. Ce nouveau bail court à partir de 2017, date à laquelle doit prendre fin le précédent accord. Le bail pouvant être prolongé de cinq ans, la flotte russe est bien ancrée jusqu'à 2040, voire 2045, en Crimée. Cette région russophone, cédée à l'Ukraine par Khrouchtchev en 1954, abrite 20 000 marins russes et leurs familles. La base, qui peut menacer la Géorgie, actuelle bête noire de Moscou, sera renforcée par deux corvettes et trois sous-marins.
La formule compliquée de cet échange prévoit que la Russie offre pendant dix ans à l'Ukraine une ristourne de 100 dollars (75 euros) par tranche de 1 000 m3 si le prix du gaz est supérieur à 330 dollars les 1 000 m3, ou de 30% du prix conclu s'il est inférieur. Le tarif actuel




