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Reportage

A Berlin, «tolérés» mais toujours sans-papiers

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Non expulsables d’Allemagne jusqu’en 2011, les étrangers s’estiment piégés par un statut temporaire qui les gêne pour décrocher un emploi, précieux sésame pour la régularisation.

ParNathalie Versieux
Berlin, de notre correspondante
Publié le 27/04/2010 à 0h00

La Turmstrasse dans le quartier populaire de Tiergarten, à Berlin, est toujours grouillante de monde. C’est là que se loge Jeunesse sans frontières, une initiative créée par de jeunes sans-papiers soutenus par différentes associations humanitaires. Quelques tables, un téléphone, un ordinateur… Les moyens sont limités. Mohamed et Khaled, la vingtaine, animent l’antenne berlinoise de Jeunesse sans frontières, qui réclame la régularisation des sans-papiers de longue durée, au moins 110 000 personnes.

Pendant des années, Mohamed et Khaled ont fait partie, avec leur famille, de ces sans-papiers non expulsables et interdits de travailler officiellement: on les appelle les «tolérés». A Brême début décembre, les Länder, compétents en la matière, ont décidé de prolonger de deux ans le permis de séjour temporaire accordé fin 2007 à ceux d'entre eux qui cherchent activement un emploi. Depuis le début de l'année donc, les personnes «tolérées» ont deux ans pour trouver un travail et demander dans la foulée un permis de séjour en bonne et due forme. Sinon, ils redeviendront expulsables… Le but est de limiter la présence d'étrangers vivant d'aide sociale.

Le statut de «toléré», qui concerne tous ceux n’ayant pas encore trouvé de travail stable, interdit de se déplacer librement d’un Land à l’autre à l’intérieur de l’Allemagne, pas même pour rendre visite à de la famille, à moins de demander une autorisation.

provisoires. Mohamed et Khaled ne se souviennent plus trop

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