Les images des rues de Gaza, immeubles détruits, trottoirs défoncés, défilent sur fond de rap. «Le conquérant qui est venu, nous a occupés et a détruit les couleurs de notre espoir. Quand viendra le jour où la conscience se réveillera ?» lance Ayman Maghmas, chanteur du groupe Rapperz, qui a perdu son père lors de l'offensive israélienne de l'hiver dernier. La vidéo est en ligne sur Ynet, le principal site d'information israélien, rattaché au quotidien Yédioth Aharonot sous la rubrique «Gaza vu de l'intérieur».
Le clip fait partie d'une série de films de quelques minutes réalisés par une quinzaine d'étudiants de Gaza, qui décrivent leur vie quotidienne après l'offensive de Tsahal de début 2009. Une initiative de l'organisation israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem, qui leur a distribué des caméras peu après l'opération «Plomb durci». «L'idée était de combattre les préjugés des Israéliens en leur donnant un aperçu, à travers des histoires individuelles, de la réalité quotidienne à Gaza», explique Sarit Michaeli, la porte-parole de B'Tselem. Et d'ajouter : «Gaza n'est qu'à une heure de voiture de Tel-Aviv, mais pour beaucoup d'Israéliens, il pourrait aussi bien s'agir d'une autre planète.» Cette distance, due en grande partie à l'interdiction faite aux journalistes israéliens d'entrer à Gaza depuis fin 2006, a été particulièrement criante pendant l'offensive militaire de l'Etat hébreu. Les images des destructions et d




