Menu
Libération

Tunisie : Ben Ali aux trousses des journalistes dissidents

Réservé aux abonnés

Alors que Taoufik Ben Brik a fini hier de purger sa peine, le procès d’un reporter indépendant s’ouvre dans le sud du pays et la police continue de harceler la presse.

Publié le 28/04/2010 à 0h00

Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik est sorti hier matin de prison, au terme de sa peine, après six mois de détention. Fahem Boukadous, lui, passait hier en appel au tribunal de Gafsa : il risque quatre ans de prison. Quand ils ne remplissent pas les prisons ou les tribunaux, les journalistes tunisiens qui gênent le pouvoir finissent au commissariat pour un tabassage en règle, comme Zouhair Makhlouf samedi soir.

Taoufik Ben Brik, le libéré

Il est sorti hier à 6 heures du matin de la prison de Siliana, à 130 kilomètres au nord-ouest de Tunis. Le journaliste le plus célèbre du pays, âgé de 50 ans, a purgé l'intégralité de la peine de prison à laquelle il avait été condamné le 26 novembre pour «coups et blessures volontaires, dégradation des biens d'autrui et atteinte aux bonnes mœurs» contre une jeune femme à Tunis. Une manipulation montée de toutes pièces par le régime qui poursuit Ben Brik de sa vindicte. «Une entourloupette», comme il dit lui-même.

Depuis sa grève de la faim en 2000, Ben Brik est devenu la bête noire du président Ben Ali, qu'il avait à l'époque ridiculisé. Interdit de publier en Tunisie, il faisait parvenir ses chroniques - satiriques et mordantes - à des médias français. Celles sorties à l'occasion des élections présidentielle et législatives de l'automne dernier, remportées comme d'habitude haut la main par Ben Ali et son parti, ont particulièrement irrité. Au point de susciter cette machination, dont le régime a le se

Dans la même rubrique