Menu
Libération
Reportage

La bonne fortune de la pragmatique Mme Wang

Réservé aux abonnés

A Shanghai, la vente de terrains de l’Etat en 2000 a donné le signal d’une frénétique course à l’argent.

ParPhilippe Grangereau
envoyé spécial à Shanghai
Publié le 29/04/2010 à 0h00

A Shanghai, on ne parle pas politique. On parle argent, business, numéraire, taux, Bourse, spéculation, immobilier. Mme Wang, ouvrière reconvertie en femme d'affaires, en a fait sa devise. «Ma famille a été persécutée pendant la Révolution culturelle [1966-1976], car j'ai une tante à Taïwan (1). Ce sont des choses qu'on n'oublie pas. Le Parti communiste peut vous tomber dessus n'importe quand, et il faut se tenir à carreau.» Pour elle, «le plus important est la famille», et «savoir compter l'argent».

Mme Wang a bâti une petite fortune en à peine dix ans, au même rythme que Shanghai, où tout a véritablement commencé autour de l'an 2000, lorsque les autorités ont lâché la bride à la spéculation immobilière. La municipalité a mobilisé une bonne partie des capitaux qui lui ont permis de financer la modernisation sidérante de la ville en privatisant, bloc après bloc, des terrains qui, jusqu'alors, appartenaient à l'Etat. Les habitants expulsés, relogés en banlieue, ont reçu une compensation si modeste pour la destruction de leurs logements ; mais les terrains libérés ont été revendus à des promoteurs à des prix bien plus élevés, ces derniers engrangeant à leur tour un bénéfice.

Placement. La marge de profit de la municipalité est telle qu'on peut y voir la recette numéro 1 de la modernisation sans fin de l'urbanisme de Shanghai, où la valeur des appartements peut tripler en quelques années. Dans plusieurs quartiers,

Dans la même rubrique