A six mois des élections de mi-mandat, qu’est-ce qui peut faire un bon sujet pour rallumer les passions politiques ? Aux Etats-Unis, comme en France ou ailleurs, la réponse est bien sûr : l’immigration. Une loi tout juste promulguée en Arizona, Etat frontalier du Mexique où les clandestins seraient quelque 460 000, est venue rappeler que la question est toujours explosive.
La loi votée en Arizona permettra - si elle entre en vigueur cet été, car sa constitutionnalité est très contestée - aux policiers d'interpeller quiconque leur semble «raisonnablement suspect» d'être un clandestin. En France, c'est ce que pratique déjà la police, mais aux Etats-Unis, pays de la méfiance viscérale envers l'Etat, cela cause un tollé. Même des élus comme le député démocrate Jared Polis voient l'Arizona «en marche pour devenir un Etat policier…Cela rappelle le statut des Juifs en Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale, qui devaient avoir leurs papiers sur eux tout le temps et étaient soumis à des contrôles sur le seul soupçon d'être juifs.» Même des conservateurs comme Cesar Conda dénoncent une «loi illégale», qui fera triompher «Big Brother».
«Marche». Mais l'émotion suscitée en Arizona a aussi aidé Barack Obama à se souvenir de sa promesse électorale : faire de la réforme de l'immigration «une priorité absolue durant ma première année à la présidence». Sa première année s'est achevée et la deuxième est déjà bien entamée




