Envoyer 40 000 soldats aux quatre coins du pays pour récupérer les territoires conquis par les cartels de narcotrafiquants : cette stratégie promue par le président mexicain Felipe Calderón depuis plus de trois ans s'est traduite par un échec. A tel point que les autorités ont décidé de limiter l'engagement des militaires dans la «narco-guerre» et de punir leurs abus.
Fusillades. Première mesure, celle des sénateurs mexicains qui ont ordonné la semaine dernière de traîner devant la justice les auteurs d'exactions. Les crimes commis par les militaires suscitent en effet un âpre mécontentement au sein de la population. Récemment, deux étudiants et deux enfants sont tombés sous les balles des soldats, qui ont prétexté les avoir confondus avec des tueurs. Jusqu'à présent, les membres de l'armée mexicaine ne pouvaient être jugés que par des tribunaux militaires, mais n'écopaient d'aucune peine car ils étaient systématiquement couverts par leurs supérieurs. Cette fois, le Sénat a ouvert la voie à l'extinction de ce régime d'exception : à l'avenir, les soldats criminels seront jugés par des tribunaux civils.
Trois semaines auparavant, le gouvernement avait renvoyé dans leurs casernes les militaires qui patrouillaient dans Ciudad Juárez. Cette ville du Nord était devenue la cité la plus violente du monde après que 8 000 soldats y furent envoyés en 2008. Non seulement les militaires ne sont pas parvenus à chasser les narcotrafiquants mais ont terrorisé la popu




