Obscènes et appelant au péché : c'est ce qu'un collectif d'avocats islamistes a retenu de la lecture, après plus de huit cents ans d'existence, des contes de la mythique Shéhérazade. Sans peur du ridicule, ces as des prétoires sont allés jusqu'à demander à la justice égyptienne d'interdire ces récits. On pouvait croire que les Mille et une nuits, republié par un organisme gouvernemental après avoir été une première fois interdit dans les années 80, faisait partie du patrimoine de la littérature arabe (et persane). A croire que non, malgré l'indignation du Syndicat des écrivains égyptiens, qui a lancé une contre-attaque judiciaire.
En Egypte, cette interdiction d'un chef-d'œuvre est loin d'être la seule. La multiplication des cas de censure inquiète les défenseurs des libertés civiles, qui dénoncent l'hypocrisie d'une société tiraillée entre son désir d'interdit et la surexposition des valeurs morales. Les conservateurs s'appuient sur la hesba, un principe du droit musulman selon lequel tout individu est gardien des valeurs de la société, et peut donc saisir un tribunal quand il estime que celles-ci sont mises en danger. L'an dernier, c'est au nom de la hesba qu'un tribunal du Caire avait interdit Metro, une bande dessinée pour adultes publiée au Caire. L'ouvrage, qui comportait quelques allusions à caractère sexuel, avait été jugé contraire à la morale publique.
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