Ce sont les Croates qui ont introduit la pêche à l’huître en Louisiane dans les années 1800, disent les Croates. Non, ce sont les Français, débarqués ici dès 1700, qui ont apporté leur art de l’ostréiculture, corrigent les descendants des premiers colons. Mais les Indiens la pêchaient déjà avec leurs pirogues, rappellent les historiens.
A Pointe-à-la-Hache, un petit port sur la rive gauche du Mississippi, une soixantaine de kilomètres au sud de La Nouvelle-Orléans, ce coquillage est un patrimoine que les peuples se partagent et se disputent depuis des siècles. L'étrange nom du patelin, Pointe-à-la-Hache, viendrait d'une histoire contée par les Indiens, du moins telle que l'ont comprise les sujets de Louis XIV : une hache aurait été plantée dans un arbre pour délimiter le territoire qui allait «jusqu'à la pointe» de l'outil… Il est vrai qu'on évoque beaucoup l'histoire avec un grand «H», ces jours-ci, sur le dock de Pointe-à-la-Hache : tous les bateaux sont à quai et les pêcheurs désœuvrés, cloués à terre par le pétrole qui se déverse, depuis le 20 avril, du puits Deepwater Horizon, exploité par British Petroleum (BP), à une centaine de kilomètres de là. La nappe est déjà passée tout près des bancs d'huîtres et la pêche est interdite ici depuis plus de deux semaines. C'est peut-être le début de la fin de l'ostréiculture en Louisiane, redoutent les plus sombres.
«Voilà quatre générations que ma famille vit de ce coquillage, soupire Lanny Lafrance, 49 ans, effon




