«Femmes, indigènes, pauvres, vous êtes des citoyennes de second rang, vous êtes les proies faciles de l'arbitraire et de la répression.» Même si ce message n'a jamais été formulé explicitement par les autorités mexicaines, il s'applique tous les jours. La vulnérabilité des femmes indigènes face aux abus exercés par le pouvoir est devenue intolérable au Mexique si l'on en croit les associations de défenses des droits de l'homme. «Les communautés indiennes s'organisent pour revendiquer leurs droits. Le gouvernement riposte en envoyant les militaires pour lutter contre de prétendus groupes armés d'insurgés, explique Neil Arias, de l'association Tlachinola, qui défend les droits des indigènes dans les montagnes de l'Etat de Guerrero (sud du pays). Afin de terroriser les populations, les soldats s'en prennent aux femmes car ce sont les plus faibles, elles ne parlent pas espagnol et, de toute manière, elles n'osent pas protester.»
Cette organisation a récemment porté devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme le cas d'Inés Fernández et de Valentina Rosendo, deux Indiennes me'phaa violées en 2002 par des militaires qui voulaient les forcer à dénoncer les contestataires de leurs communautés. En avril 2008, deux animatrices d'une radio communautaire, des Indiennes triqui d'Oaxaca (sud) qui avaient dénoncé la répression du gouvernement, étaient assassinées dans une embuscade. Un an auparavant, Ernestina Ascencio, une femme nahuatl de 73 ans, avait été violée




