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Procès Khodorkovski, la politique à la barre

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Russie. Un ex-Premier ministre de Vladimir Poutine a témoigné en faveur de l’ancien magnat du pétrole.

Publié le 25/05/2010 à 0h00

Pour la première fois, un ex-membre de l'équipe Poutine a pris hier devant un tribunal russe la défense de Mikhaïl Khodorkovski, l'ancien numéro 1 du géant pétrolier Ioukos, en prison depuis 2003. Mikhaïl Kassianov, ex-chef du gouvernement lors du premier mandat présidentiel (2000-2004) de Vladimir Poutine - aujourd'hui Premier ministre de son successeur, Dmitri Medvedev -, a déclaré à Moscou que les motifs de l'incarcération de l'ancien oligarque et de son bras droit, Platon Lebedev, étaient «politiques».

Khodorkovski, a expliqué Kassianov, avait provoqué l'ire de Poutine en finançant plusieurs mouvements d'opposition. Il arrosait non seulement les partis libéraux, comme l'Union des forces de droite et Iabloko, «ce que Poutine permettait, mais aussi le Parti communiste, ce que le président Poutine n'avait pas autorisé». Mikhaïl Kassianov, qui a raconté comment il avait été surpris par les arrestations des responsables de Ioukos, a dit tenir cette explication de Poutine lui-même.

Khodorkovski a été condamné en 2005 à huit ans de prison pour fraude fiscale. Il fait l'objet, en compagnie de Lebedev, d'un nouveau procès depuis un peu plus d'un an, cette fois pour le vol de 350 millions de tonnes pétrole (équivalent à 20,5 milliards d'euros), soit le montant total du brut extrait par Ioukos en six ans. Un vol à une telle échelle «n'est pas possible», a dit Kassianov en déposant devant la cour.

La défense de l’ex-magnat du pétrole s’efforce depuis des mois

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