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Jarrod Chlapowski. Cet ex-GI vient d’obtenir que les homos aient, enfin, le droit d’exister ouvertement au sein de l’US Army.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 29/05/2010 à 0h00

L’armée a fait de lui un homme, un vrai : un homme qui aime les hommes et qui s’assume. A son tour, il veut maintenant persuader l’US Army que toutes les formes de virilité doivent être les bienvenues dans ses rangs. Avec son boy-friend, Alex Nicholson, Jarrod Chlapowski est l’un des homosexuels américains qui ont mené le combat. Ils viennent d’obtenir un vote du Congrès visant à abroger la loi Don’t Ask, Don’t Tell (DADT, Ne demande rien, ne dis rien). Une loi de 1993, qui se voulait à l’époque un progrès : elle permettait aux homosexuels de servir dans l’armée… à condition qu’ils se cachent. Barack Obama avait promis d’y mettre fin. Le Congrès vient de faire un premier pas dans le sens de la révocation. Reste à l’armée à en tirer toutes les conséquences.

A cause de cette loi, Jarrod a dû retourner à la vie civile : il a quitté l’armée en 2005 et entamé une carrière de lobbyiste. Il a gardé le cheveu court et le torse musclé, qu’il cache maintenant sous les chemises-cravates de son nouvel uniforme. Il est salarié de la Human Rights Campaign, le puissant lobby gay américain. Ses bureaux feraient tourner de l’œil bien des militants français : en plein centre de Washington, la HRC est propriétaire d’un immeuble de huit étages. Elle y emploie 135 militants à temps plein pour promouvoir la cause. Cette ambassade reflète bien la puissance du mouvement gay américain. Mais aussi les combats d’arrière-garde qu’il doit encore mener.

A 18 ans, quand il s'est enrôlé, Jarrod n'était pas e

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