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Éditorial

Histoires belges

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Publié le 12/06/2010 à 0h00

On ne coupera pas aux blagues belges. Mais attention, de vraies blagues belges, celles des Belges eux-mêmes, qui pratiquent volontiers l'autodérision. Voilà donc deux petites histoires cocasses qui en disent long sur les états d'âme du plat pays, en cette veille d'élections législatives. La première blague est racontée par la cinéaste belge Chantal Akerman comme la parfaite illustration de l'absurdité où vit la Belgique depuis des lustres. Prenez une salle de spectacles à Bruxelles où sont réunis un grand nombre d'artistes du pays. Dans un micro, une voix dit aux Flamands de s'installer à droite, aux Wallons à gauche (ou le contraire, peu importe). Des voix s'élèvent alors : «Et nous les Belges, on se met où ?» L'autre histoire a pour décor l'immeuble de la célèbre RTB (radio télévision belge), également situé à Bruxelles, qui abrite les journalistes francophones et flamands. Lesquels sont virtuellement séparés par un mur (de Berlin ?). Sur la porte de la partie francophone du bâtiment, on peut lire : «Ici, on parle le français.» Sur l'autre porte, celle des Flamands, il est écrit : «Ici, on ne parle pas, on travaille.» Traduction : la première blague refuse de distinguer les langues, la seconde insiste au contraire sur la division ancestrale de cet Etat vieux d'à peine 180 ans. «Etre belge est une nationalité vague qui m'est indispensable», nous avait dit l'écrivain Amélie Nothomb dans un Libération spécial Belgique. C'était il y a 3 ans, on parlait déjà

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