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Interview

François Léotard «Il y a toujours un peu de boue dans l’exercice du pouvoir»

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Retiré de la politique, François Léotard est désormais écrivain. Au travers de ses romans, l’ancien ministre de la Défense évoque des destins brisés par la raison d’Etat. Rencontre.

Publié le 12/06/2010 à 0h00

François Léotard, réincarné. En écrivain. A part entière. Bien que sa vie antérieure se rappelle à lui parfois. Récemment, au fil des colonnes, son nom est apparu à la faveur du dossier judiciaire sur l’attentat de Karachi, et des découvertes qu’il a déclenchées sur le financement des partis de droite lors de l’élection présidentielle de 1995. François Léotard occupait alors les fonctions de ministre de la Défense du gouvernement d’Edouard Balladur, de mars 1993 à mai 1995. Et les deux contrats d’armement qui intéressent le plus la justice, dans le cadre de ces investigations, c’est lui qui les a signés durant cette période. D’abord le contrat Agosta pour la vente de trois sous-marins au Pakistan le 21 septembre 1994, pour 5,4 milliards de francs ; ensuite le contrat Sawari II pour la vente de trois frégates furtives à l’Arabie Saoudite le 19 novembre 1994, pour 29 milliards de francs. Des épisodes qu’il n’évoque jamais - exception faite, cette fois-ci, pour Libération.

Les fantômes qui habitent ses romans racontent les dossiers de ce genre couverts par la raison d'Etat. Nous avons lu le dernier, la Nuit de Kahina, mais aussi la Vie mélancolique des méduses,le Silence et Ça va mal finir (1). Tout est dit dans ses livres, dans une prose nerveuse, authentique, qui pue l'humanité. Nous nous sommes retrouvés autour d'un vin italien un peu costaud. Avec des questions formulées à partir de ses textes, qui sondent son regard d'auteur s

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