L'avocat David Dow est un Texan presque typique : il roule en pick-up sur des autoroutes à seize voies, picole sec, respecte la loi et l'ordre. A part ça, il est contre la peine de mort. Il ne l'a pas toujours été : «Je comprends ses partisans. J'en ai été un. Je ressens aussi l'instinct de vengeance. Il y a des gens que j'ai envie de tuer.» Il a changé d'avis progressivement, en découvrant «à quel point le système se moque de la loi».
En plus de diriger le bureau de Houston du Texas Defender Service, une association à but non lucratif qui représente les condamnés à mort les plus démunis, Dow enseigne le droit à l'université. En 2006, son premier livre (non traduit) intitulé Exécuté à cause d'un détail technique, avait analysé par le menu l'implacable machine de mort américaine, particulièrement effrayante au Texas. Le livre s'était ajouté à une pile d'ouvrages combattant, sous diverses formes et arguments, la peine de mort aux Etats-Unis, où les abolitionnistes gagnent du terrain.
Cet ouvrage-ci est d’une autre trempe. A sa parution en février aux Etats-Unis, il a été reçu comme un uppercut tant par les partisans que par certains opposants à la peine capitale. Dow y met en scène son quotidien, fait de déjeuners avec des détectives, de petits arrangements avec les juges pour fixer la date d’une exécution en fonction des jours de vacances des deux parties, de visites à ses clients (brutes antipathiques ou pauvres gars démolis) dans le couloir de la mo




