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Ronnie Lee Gardner, du couloir de la mort au peloton d’exécution

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Polémique. L’Utah a fusillé ce condamné dans la nuit de jeudi à vendredi.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 19/06/2010 à 0h00

C'était son choix, ou plutôt le dernier choix qui lui restait : Ronnie Lee Gardner, 49 ans, avait demandé à être fusillé plutôt que tué par injection. Dans la nuit de jeudi à vendredi, à la prison de Draper, dans l'Utah (ouest des Etats-Unis), il a donc été lié à une chaise, la tête couverte d'un capuchon et une cible posée sur sa poitrine. Un dernier mot ? «Non, je n'en ai pas», a répondu Gardner. Cinq policiers, placés à 8 mètres de lui, ont alors visé et tiré. Pour leur confort moral, l'un des cinq avait une Winchester chargée à blanc : chacun des policiers peut ainsi garder l'espoir qu'il n'est pas vraiment un tueur.

Dans la rue. Les pelotons d'exécution sont devenus très rares aux Etats-Unis : c'était le troisième seulement depuis 1976 et le précédent remontait à 1996. Tous les Etats américains, sauf l'Oklahoma, y ont renoncé au profit de l'injection létale, considérée comme plus «propre» ou plus «éthique». L'Utah a également renoncé en 2004 à ces exécutions, sauf pour les prisonniers condamnés avant cette date. C'était le cas pour Ronnie Lee Gardner, qui a passé vingt-cinq ans dans les couloirs de la mort.

Jugé en 1985 pour l’agression et le meurtre d’un barman, il avait tenté de s’échapper au tribunal, tuant un avocat et blessant grièvement un policier, avant de se rendre.

Pendant ces vingt-cinq années, ses avocats ont plaidé, en vain, que toute sa vie n’avait été qu’une suite de violences et d’abus qui ne lui avaient guère don

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