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Portrait

Santos, un intrigant pour la Colombie

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L’héritier, as des coups fourrés, devrait remporter le deuxième tour de la présidentielle d’hier.

Juan Manuel Santos après sa victoire et sa femme. (REUTERS)
Publié le 21/06/2010 à 0h00, mis à jour le 21/06/2010 à 7h08

Selon ses proches, c'est un excellent joueur de poker, habitué à «l'audace». «Il faut imaginer l'impensable», ose-t-il recommander régulièrement à ses subalternes. Lors du second tour de la présidentielle colombienne, hier, qui a été marquée par la mort de onze policiers et soldats tués dans des embuscades de la guérilla, Juan Manuel Santos a de fait toutes les cartes en main pour succéder au sortant conservateur, Alvaro Uribe, et distancer sans peine l'ex-maire de Bogotá, Antanas Mockus, à qui les sondages n'accordaient pas plus de 30% des voix. Mais même en fin de partie, ce technocrate de 58 ans, «incroyablement discipliné», n'a rien négligé. Et dans ses derniers meetings de campagne, le pourtant peu chaleureux diplômé d'Harvard a su électriser les salles.

Quand il monte sur scène, en chemise et accompagné de son épouse, devant un public de mères de famille venues des quartiers pauvres, c'est sur un scénario réglé à l'américaine. Avec prompteur et une phrase, ressassée, qui déclenche les ovations. «Vive le président Uribe, le meilleur président qu'ait eu la Colombie !» L'aval du chef d'Etat sortant, extrêmement populaire grâce au recul de la guérilla et à des programmes d'aides sociales, a été l'atout majeur de Santos. Un coup de maître : ce soutien n'était en rien prédestiné car l'ex-ministre de la Défense est issu de l'aristocratie de Bogotá qu'Uribe exècre.

sarcastique. «L'oligarque» Juan Manuel est né avec une cuillèr

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