Le conservateur eurosceptique Jaroslaw Kaczynski peut-il encore gagner la présidentielle polonaise ? Les uns y croient, les autres le craignent. Sa stratégie de campagne, à l’ombre du décès accidentel de son frère jumeau, le président Lech Kaczynski, a porté ses fruits. Parti avec un handicap de 20 points par rapport à son adversaire libéral, le président du Parlement Bronislaw Komorowski, il a terminé sur ses talons à l’issue du premier tour, dimanche (36,74% contre 41,22%).
Mémoire. En deuil de son jumeau, Jaroslaw Kaczynski a mobilisé à ses côtés l'histoire et la mémoire polonaises. L'accident tragique, survenu le 10 avril à proximité de Katyn, haut lieu de la mémoire polonaise, a fait de son frère un héros de la Pologne. Le candidat, qui vit avec sa mère de 82 ans, actuellement à l'hôpital, a joué le changement d'image. «La tragédie de Smolensk a changé la perception des gens vis-à-vis des Kaczynski. Ils étaient diabolisés. Ils sont devenus de simples êtres humains», souligne son porte-parole de campagne, Pawel Poncyliusz. Jaroslaw Kaczynski, le moins conciliant des deux frères, notamment envers l'Union européenne, a changé de rhétorique. «Entre 2007 et 2010, le discours de notre parti était plus agressif. Après le 10 avril, nous avons pensé que cela ne mène à rien. Jaroslaw Kaczynski a changé, précise Poncyliusz. Il est plus calme, ses propos aussi. En conséquence, c'est notre parti qui est attaqué, pas celui qui attaque. Et nos voi




