La scène s'est déroulée récemment à Abidjan, au siège de la mission des Nations unies en Côte- d'Ivoire, l'Onuci. L'un des membres annonce à son chef sa décision de quitter le pays, après plusieurs années de bons et loyaux services. «Je vous comprends, réagit le Sud-Coréen Young-Jin Choi. De toute façon, il n'y aura jamais d'élection ici.» Boutade ou véritable découragement d'un haut fonctionnaire qui serait lui-même sur le départ, pour la Somalie dit-on ?
Plus de trois ans après la signature des accords de Ouagadougou (Burkina Faso) entre le président ivoirien, Laurent Gbagbo, et le chef des ex-rebelles, Guillaume Soro, l'échec est patent. L'ex-colonie française est dirigée par un chef de l'Etat dont le mandat a officiellement expiré en octobre 2005 et par un Premier ministre dont la seule légitimité repose sur les armes. L'Onuci, dont la mission consiste à «accompagner» le pays vers les élections, «fait du surplace», déplore l'un de ses agents. Et le «facilitateur», le président burkinabé, Blaise Compaoré, évoque ouvertement la fin de sa mission…
Mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit «profondément préoccupé par les retards que continue de subir le processus électoral», appelant les parties ivoiriennes «sans plus de retard» à publier la liste électorale et à annoncer la date de l'élection présidentielle. En février, Gbagbo avait dissous la Commission électorale indépendante (CEI), l'accusant de fraudes. Depuis, une no




