Les scénarios les plus catastrophiques sont revenus hanter Beyrouth. Point de départ, la possibilité que le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) implique bientôt plusieurs membres du Hezbollah dans l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, il y a cinq ans. Une possibilité à présent ouvertement reconnue par le parti de Dieu, puisque son secrétaire général, Hassan Nasrallah, a admis jeudi soir avoir été averti de cette hypothèse par Saad Hariri, l’actuel Premier ministre et fils du leader assassiné. D’où la crainte que cette accusation provoque la colère du parti chiite et amène sa milice à déstabiliser le pays. Ce qui ferait exploser les dissensions entre chiites et sunnites.
Ecoutes. L'acte d'accusation du TSL doit être rendu entre septembre et décembre. Mais depuis plusieurs mois, on sait par diverses fuites que des militants du Hezbollah sont nommés dedans. Selon des informations exclusives obtenues par Libération, ceux-ci ont notamment suivi Rafic Hariri dans les jours précédant l'attentat et en ont rendu compte à des responsables du parti non identifiés. Deux noms en particulier apparaissent : Selim Ayache et Abdel Majid Amlouche.
Ce sont les écoutes de plusieurs millions de conversations qui ont permis aux enquêteurs du juge Daniel Bellemare d'arriver jusqu'au Hezbollah. D'où la tentative de Nasrallah, depuis plusieurs semaines, de «casser» l'enquête, notamment en affirmant que les services israéliens ont noyauté les télécommunications,




