C'est la guerre comme si vous y étiez, racontée au jour le jour par ses bidasses et ses agents secrets, dans leurs rapports à l'état-major, depuis les avant-postes au fin fond de l'Afghanistan. Les 92 000 documents publiés dimanche par le site WikiLeaks viennent confirmer de l'intérieur ce qui apparaissait déjà de plus en plus évident ces derniers mois : les Etats-Unis et leurs alliés sont en train de perdre la guerre en Afghanistan. Selon Julian Assange, l'Australien fondateur de WikiLeaks, qui vit caché loin des Etats-Unis pour échapper aux poursuites américaines, cette publication pourrait avoir un effet similaire aux «Papiers du Pentagone» en 1971, qui avaient détaillé les crimes américains au Vietnam et contribué à retourner l'opinion.
Les rapports publiés dimanche couvrent la période de janvier 2004 à décembre 2009, avant donc la dernière «révision stratégique» menée par Barack Obama. Mais l'envoi de nouveaux renforts, décidé en décembre 2009, ne semble guère avoir infléchi le cours de cette guerre. L'administration Obama se dit d'ailleurs furieuse de ces «fuites irresponsables». Pour se couvrir, WikiLeaks avait remis ces documents à trois journaux, le New York Times, le Guardian et le Spiegel, pour publication concomitante.
Des bavures non négligeables
Ces rapports révèlent de nombreux incidents, notamment des tirs sur des civils à des barrages routiers, inconnus jusqu'alors, souligne le Guardian,




