Frapper les esprits, en recourant à la terreur, pour mieux dissimuler sa faiblesse intrinsèque : c'est, à en croire les experts, la tactique employée par les chefs d'Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), active dans la bande du Sahel. Après le Britannique Edwin Dyer, assassiné en mai 2009, c'est un Français, Michel Germaneau, qui vient d'en être la victime. «Au printemps 2009, c'est Al-Qaeda "centrale" qui avait donné l'ordre à Aqmi de tuer Dyer, l'avenir dira si c'est le cas cette fois encore», explique Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences-Po Paris et auteur des Neuf Vies d'Al-Qaeda.
Mobilité. De l'avis général, Aqmi ne regrouperait que quelques centaines d'hommes. Hier, le ministre de la Défense, Hervé Morin, estimait que leur nombre était passé de «150 hommes, il y a quelques années, à 450-500 militants disséminés sur toute la bande sahélienne et qui sont actifs et déterminés pour faire la guerre contre l'Occident». Peu nombreux, ces activistes compensent leur faiblesse apparente par leur mobilité, leur connaissance fine du désert et de ses caches et par des soutiens locaux. Pour échapper aux moyens de surveillance occidentaux (écoutes, satellites), les membres d'Aqmi circulent en groupes extrêmement restreints, souvent dans des petits convois de 4X4. Ils disposent de moyens de communication modernes (des téléphones satellitaires Thuraya, par exemple), qu'ils utilisent toutefois avec parcimonie pour éviter d'être rep




