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Libération

L’omnipotent service secret russe de retour

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Droits de l’homme . Décriée, la loi qui élargit les pouvoirs du FSB permet à Medvedev de se poser en dur.

Publié le 06/08/2010 à 0h00

Le vénérable dissident russe antisoviétique, Sergueï Kovalev, l'avait compris avant les autres : «Après soixante ans de dictature, la peur du KGB est profondément inscrite dans les gènes des Russes ; alors, il n'est pas utile de reconstruire le "goulag", il suffit de brandir un morceau de barbelé.» (1) Le nouveau morceau de barbelé du pouvoir russe, c'est la loi élargissant les pouvoirs du FSB, successeur du tout-puissant KGB, promulguée la semaine dernière par le président Medvedev.

Cette loi, déposée, débattue, amendée, votée et promulguée en seulement un mois, permet au FSB de délivrer des avertissements aux citoyens qui seraient sur le point de commettre des délits. Comme si les Russes étaient devenus de mauvais élèves que l’œil de Moscou doit surveiller avec sévérité. Cette disposition introduisant une notion de répression préventive a été la plus critiquée. Elle a fait tiquer les représentants des droits de l’homme et de nombreux députés - y compris de la majorité - qui ont réussi à l’assouplir. Il était initialement prévu que les personnes passant outre les avertissements soient convoquées ou punies de quinze jours de prison, ce qui aurait permis au FSB d’arrêter pratiquement qui bon lui semble. Le passage a été supprimé.

En revanche, la loi permet toujours de sanctionner ceux qui entravent l'action des agents, une autre mesure contestée. «En fait, le FSB a déjà tous les pouvoirs et le plus d'argent, souligne la spécialiste française des servi

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