Ce n’est pas juste une catastrophe naturelle de plus. Les feux qui ravagent la Russie depuis un mois représentent le plus grand défi politique lancé à Vladimir Poutine. Lui, le Premier ministre qui n’a jamais cessé d’être président, déjà en campagne électorale pour retrouver sa résidence au Kremlin, est l’objet de toutes les colères. Certes, la canicule exceptionnelle qui règne en Russie est la première responsable des gigantesques incendies qui menacent tout le territoire, de Moscou aux terres radioactives de Tchernobyl. Mais les Russes ont désigné un coupable : Poutine, le même qui a fait de la centralisation du pouvoir son projet politique. A trop déresponsabiliser les gouverneurs et les régions, à trop fermer les yeux sur la corruption endémique des politiciens locaux, l’homme fort de la Russie depuis plus d’une décennie n’a pas su voir venir la déliquescence des services publics. Coupes claires en série chez les pompiers (ils ne sont que 20 000 aujourd’hui, moins qu’en France), matériel de lutte contre le feu d’un autre âge, casernes totalement sous-équipées… S’il faut ajouter à cela le désastreux cadeau fait aux oligarques avec la régionalisation en 2006 de la gestion des forêts, qui s’est traduit aussitôt par la suppression de dizaines de milliers de postes de gardes forestiers, on peut comprendre le courroux des populations dont les maisons sont réduites en cendres. Pas sûr que les déplacements hypermédiatisés et les promesses fumeuses d’indemnisations suffisent à
EDITORIAL
Colères
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Publié le 07/08/2010 à 0h00
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