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Récit

A Guantánamo, pas de quartier pour les enfants soldats

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Le procès d’Omar Khadr, arrêté en Afghanistan en 2002 à l’âge de 15 ans, vient de s’ouvrir. Les défenseurs des droits de l’homme - et des mineurs - protestent.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 12/08/2010 à 0h00

Il porte maintenant la barbe et un costume-cravate déniché par ses avocats canadiens, «mais cela ne fait pas forcément de lui encore un adulte», ont pu noter les journalistes et défenseurs des droits de l'homme présents cette semaine à Guantánamo. Aux premiers jours de son procès, Omar Khadr, 23 ans maintenant, lisait un magazine sur la Coupe du monde de football ou des cartes envoyées par ses supporteurs, rapporte Jennifer Turner, envoyée spéciale de l'Aclu (American Civil Liberties Union) à ce procès. «Mais il a grandi en prison et n'a certainement pas la maturité de son âge, observe cette juriste. Ses interrogateurs ont raconté comment ils le cajolaient avec des bonbons M&Ms, des gâteries de chez McDonald's ou des magazines de voitures. Il aimait aussi les histoires d'Harry Potter…» Le procès qui s'est ouvert cette semaine à Guantánamo n'est pas seulement l'un des tout premiers tribunaux militaires d'exception de l'ère Obama, c'est aussi celui d'un enfant soldat.

Grenade. Omar Khadr avait 15 ans lorsqu'il a été arrêté, en juillet 2002 à Khost, dans l'Est de l'Afghanistan. Il était retranché avec des militants d'Al-Qaeda dans un ensemble de maisons en pisé que les forces américaines ont pris d'assaut. Lui-même grièvement blessé dans la bataille (il a reçu deux balles dans le dos et perdu un œil), Omar Khadr aurait lancé une grenade qui a tué un soldat américain. Il est accusé de meurtre, espionnage ou soutien matériel au terro

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