Peu après l'opération Plomb durci sur Gaza, à l'hiver 2008-2009, et les critiques acerbes qui ont suivi sur l'utilisation d'une force de frappe disproportionnée par Israël, le ministre de la Défense, Ehud Barak, soulignait qu'à ses yeux, Tsahal était toujours «l'armée la plus morale du monde». Une litanie qu'aiment à se répéter les recrues qui, dès 18 ans, servent sous les drapeaux, trois ans pour les hommes et deux pour les femmes. Mais les cas d'abus de pouvoir de la part de soldats israéliens qui ont défrayé la chronique cette semaine laissent voir une réalité bien différente.
Il y a d'abord eu Eden Abergil posant tout sourire devant des prisonniers palestiniens aux yeux bandés et aux mains liées dont elle avait la garde. La jeune femme, qui avait placé ces photos sur son profil Facebook, a par la suite réagi candidement au déferlement de critiques : «Je ne comprends pas ce que j'ai fait de mal, expliquait-elle à la radio militaire. De toute façon on trouvera toujours quelque chose à redire sur Israël, nous ne sommes pas un peuple qui a beaucoup d'amis.» L'armée israélienne a dénoncé «le comportement honteux de la soldate», démobilisée il y a un an, et qui ne peut donc pas être sanctionnée.
Trophées de guerre. Le lendemain de la parution des clichés dans les médias, deux organisations pacifistes israéliennes, B'Tselem et Shovrim Shtika («brisons le silence»), ont sorti à leur tour plusieurs images du même tenant : des soldats isr




