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Libération

La prière à une voix, panacée de l’Etat égyptien

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Publié le 26/08/2010 à 0h00

Cinq fois par jour, du levant au couchant, un grondement familier s’élève du Caire : l’appel à la prière. Un nuage de voix, ponctué des grésillements des haut-parleurs, qui s’échappe des 4 000 mosquées et des innombrables zawiyas, les salles de prière non officielles. Discordante et à contretemps, cette bande sonore qui fait partie intégrante de l’identité de la capitale égyptienne pourrait vivre ses dernières heures. Pour mettre fin à la pollution acoustique dont se plaignent de nombreux habitants, Hamdi Zaqzouq, le ministre des Affaires religieuses, a profité du ramadan pour mettre en œuvre un système d’appel à la prière unifié. Un projet annoncé depuis six ans et consistant à équiper les mosquées d’un récepteur relayant un appel prononcé depuis un studio central par un muezzin choisi pour ses qualités vocales.

Une cinquantaine de mosquées d'un quartier périphérique du Caire testent actuellement le dispositif qui, selon les plans ministériels, devrait être étendu à l'ensemble de la capitale d'ici la fin de l'année. Plusieurs pays musulmans, dont la Syrie et les Emirats arabes unis, l'expérimentent déjà avec succès, rappelle la presse gouvernementale. Le ministre souhaite ainsi mettre fin à ce qu'il qualifie de «guerre des micros», rappelant aux nombreux opposants au projet que l'appel à la prière se doit d'être mélodieux afin d'inciter le fidèle à se rendre à la mosquée, et non cacophonique. Si chaque lieu de culte officiel dispose théoriquement d'un muezzin salari

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