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Libération
Reportage

Le «Black Business» en terrain miné

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En Afrique du Sud, 5 mineurs ont été abattus début août dans une exploitation détenue par des proches de l’ANC. Un drame révélant les limites d’une charte favorisant les entreprises noires.

ParSophie Bouillon
Envoyée spéciale à Grootvlei (Afrique du Sud)
Publié le 26/08/2010 à 0h00

De bon matin, les fumées de paraffine se mêlent à la poussière des terrils de Grootvlei, une cité minière distante de 60 km de Johannesburg. Un millier de mineurs, le corps lourd, se dirigent vers un amphithéâtre de pierre, coupant à travers la mine d'or d'Aurora pour une énième réunion. Ici, même si l'on discute, la violence n'est jamais loin. Cinq mineurs «illégaux» qui pillaient de l'or ont été abattus, le 9 août, par la société de sécurité privée qui garde les puits. «Nous étions 80 sous terre, raconte un survivant. Ils ont tiré dans le tas. La police a sorti cinq cadavres, mais il y en a plus à l'intérieur.»

Duo Mandela-Zuma. L'incident révèle les limites de ce qu'on appelle le processus de Black Economic Empowerment («montée en puissance économique des Noirs»), le BEE, qui bénéficie surtout à une élite étroitement liée au Congrès national africain (ANC) au pouvoir. La plupart des hommes surpris sous terre le 9 août étaient des employés d'Aurora, une entreprise noire. Ces mineurs ont été abandonnés par leurs illustres directeurs, dont les noms disent tout : Zondwa Mandela, petit-fils de l'ancien président Nelson Mandela, et Khulubuse Zuma, neveu de Jacob Zuma, l'actuel chef de l'Etat.

«C'est facile de s'introduire dans la mine, car elle n'est plus en activité, rapporte un jeune homme de 22 ans. Les anciens employés nous montrent les endroits dangereux et ceux où on a le plus de chances de trouver l'or. Ensuite, on p

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