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Libération
Reportage

Comme un ouragan

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Les habitants, la musique, l’ambiance… la Nouvelle-Orléans n’est plus la même. Malgré la reconstruction, la dévastation a emporté un peu de son âme. Etat des lieux cinq ans après Katrina.

En mai dernier, un drapeau américain sur un poteau plié par l'ouragan Katrina cinq ans plus tôt. (REUTERS)
ParLorraine Millot
Envoyée spéciale à la Nouvelle-Orléans
Publié le 28/08/2010 à 0h00

Elle est assise au bar, les lèvres rouges, tout juste repeintes, qui dessinent un sourire de bienvenue. Mais tout de suite, elle rectifie le visiteur : «Ah non ! A la Nouvelle-Orléans, on ne se serre pas la main. On se fait la bise !» Charmaine Neville, 54 ans (mais elle sait se maquiller pour en paraître 30), est de celles qui font que la Nouvelle-Orléans est toujours la Nouvelle-Orléans. Fille du grand saxophoniste Charles Neville, héritière de l'une des plus célèbres dynasties de musiciens, elle chante le jazz, le blues, le funk ou le rock, avec une voix qui peut naviguer de Louis Armstrong à Aretha Franklin. La voir, accoudée au bar du Snug Harbor, le bien nommé «refuge» des jazzmen, c'est se dire que la ville est sauve. Cinq ans après Katrina, l'ouragan qui l'avait dévastée, la Nouvelle-Orléans est en grande partie reconstruite, les clubs ont rouvert et tous les lundis soirs, on peut écouter Charmaine au Snug Harbor. Le jazz a repris ses droits.

Ces jours-ci, Charmaine est si affairée qu'il a fallu batailler pour la rencontrer. «Je n'ai pas le temps ! Je dois cuisiner pour la rentrée de mon petit-fils, j'ai des concerts à préparer. Et puis ensuite, je pars en France pour le festival de jazz de Périgueux, j'ai tant à faire.» Mais finalement, elle est là, au «refuge», et se laisse aller à raconter sa ville : «Beaucoup de choses ont changé depuis Katrina, commence-t-elle, même si, au fond, la Nouvelle-Orléans reste la même. Les touristes sont

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