Alpha Condé, 72 ans, leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), bat campagne en vue du second tour de l'élection présidentielle, le 19 septembre. Cet opposant historique, d'ethnie malinké, a remporté 18,25% des voix lors du premier tour, le 27 juin. Avec son rival, Cellou Dalein Diallo, un technocrate peul qui part favori (43,9 % des voix au premier tour), il a signé vendredi, au Burkina Faso, un «protocole d'entente pour une élection apaisée». Cependant, des troubles sont redoutés, tant les deux camps s'accusent du pire.
Pourquoi accusez-vous les commerçants peuls d’être des «mafieux qui pillent le pays» ?
C’est le système que je dénonce : les grands commerçants ont réussi par le biais du trafic de faux billets et de la drogue. Nous proposons un front guinéen pour leur barrer la route. Cellou Dalein Diallo a déjà occupé le poste de Premier ministre et nous allons sortir des documents sur sa gestion. Il a été onze ans au gouvernement. Moi, j’ai été en prison. Il représente un système que les Guinéens rejettent.
Cellou Dalein Diallo n’est-il pas réputé pour son intégrité ?
Ce n’est pas forcément lui qui est en cause, mais de grands commerçants connus. Ce sont des Peuls. Ils sont connus.
N’est-il pas dommage, voire dangereux, que la campagne tourne autour de questions ethniques ?
D’où vient l’ethnicisation ? Ce sont eux qui disent que c’est au tour des Peuls de gouverner. C’est Cellou Dalein Diallo qui a fait de l’élection une affaire peule. Si vous n’êtes pas pour lui, vous êtes boycotté !
Cellou Dalein Diallo vous soupçonne de préparer un coup d’Etat avec l’aide des militaires. Que lui répondez-vous ?
C’est le voleur qui crie au voleur ! Nous demandons un découpage électoral et la publication d’une liste électorale, comme dans tous les pays du monde. Vous verrez bientôt qui veut faire un coup d’Etat en Guinée ! M




