De passage à Paris, cet ex-chercheur à Sciences-Po devenu vice-ministre de la Géorgie explique les enjeux de la politique européenne de son pays, un dossier dont il est désormais chargé.
La nouvelle chef de la diplomatie européenne a ouvert la porte à un accord d’association entre la Géorgie et l’Union européenne. A quel rythme pourrait se faire ce processus ?
Les négociations ont été lancées le 15 juillet lors de la visite de Catherine Ashton à Tbilissi. Un accord d’association suppose le rapprochement maximal des réglementations géorgiennes en matière d’économie et de droit avec celles de l’Union européenne. On espère que ce processus ne va pas durer plus de deux ans. En tous les cas, pas quatre ou cinq.
N’est-ce pas l’adhésion à l’UE que vise la Géorgie ?
On ne veut rien précipiter, ni nous ni l’UE. Si nous disposons de la liberté de circulation des personnes, des services et des capitaux, cela sera déjà très bien. La Géorgie a une vocation historique et culturelle à faire partie de l’UE. C’est une aspiration à long terme. Cela dépendra de l’évolution de l’Union.
Qu’en pense votre voisin russe ?
L'élargissement de l'UE agace la Russie. Mais les Russes ont moins d'arguments pour le combattre, puisqu'il s'agit de coopération économique et non pas militaire comme pour l'Otan. Aujourd'hui, l'Union européenne est notre seule garantie de sécurité car, depuis la guerre [de 2008, ndlr], elle a déployé une mission de 300 policiers et civils qui patrouillent sur l'ancienne ligne de front. Malheureusement du seul côté de la ligne administrative contrôlée par le gouvernement géorgien puisque les territoires occupés lui refusent l'accès. Le nombre d'incidents s'est depuis lors réduit.
L’UE peut-elle intégrer un pays qui ne contrôle pas tout son territoire ?
On ne parlera même pas du précédent de Chypre. L'Uni




