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Sarrazin, le provocateur de la Bundesbank, démissionne

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Allemagne. Le ténor SPD, accusé de racisme, embarrasse les partis.

Publié le 11/09/2010 à 0h00

Thilo Sarrazin, le banquier provocateur qui fait trembler depuis dix jours l'establishment politique allemand avec ses thèses racistes sur l'immigration, a jeté l'éponge dans la soirée de jeudi. Arrivé à Potsdam, sous les huées de centaines de manifestants, pour la première lecture publique de son brûlot L'Allemagne court à sa perte - un ouvrage où il attaque violemment le manque de volonté des immigrés musulmans à s'intégrer dans la société -, il a annoncé qu'il démissionnait de son poste de membre du directoire de la Bundesbank. «Je vis une pression massive depuis quatorze jours», a-t-il expliqué, affirmant préférer «ne pas continuer à se battre contre la totalité de la classe politique allemande».

Exclusion. En revanche, Thilo Sarrazin n'a pas l'intention de quitter le Parti social-démocrate (SPD). «Un catholique convaincu ne quitte pas l'Eglise catholique parce que le pape actuel ne lui plaît pas», a-t-il précisé dans une interview, où il confirme qu'il ne veut pas non plus créer son propre parti, même si, dans un sondage récent, 18% des Allemands se déclarent prêts à le suivre. De son côté, le SPD envisage toujours le lancement d'une procédure d'exclusion contre celui qui l'a longtemps servi de manière exemplaire, à la tête des finances de la ville de Berlin, mais s'est révélé de plus en plus incontrôlable.

L’onde de choc déclenchée par cet homme sec, originaire d’une famille prussienne protestante, continue à se propag

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