La «tour de la Palestine» n'est encore qu'un squelette de verre et de béton surplombant un des axes principaux de Ramallah. Seul le joyau de l'ouvrage, au dernier étage de l'édifice, à près de 100 mètres au-dessus du niveau de la rue, est bien avancé : une estrade rotative prévue pour accueillir un restaurant tournant. Les fenêtres de la salle ont déjà en partie été posées, recouvertes de film protecteur. Il fait la fierté des ouvriers et de l'ingénieur en chef : «Il y aura différentes vitesses de rotation. Tout le monde en parle déjà. Il n'y a pas de restaurants rotatifs ni en Jordanie ni en Israël. Il faut aller jusqu'à Dubaï pour en trouver», explique Mohammad Khalil.
Le bâtiment en construction est situé à quelques centaines de mètres de la Mouqata, le quartier général de l’Autorité palestinienne. Du sommet de la tour, on aperçoit la cour rectangulaire de l’édifice, dont les murs en partie détruits par les bulldozers israéliens - et aujourd’hui reconstruits - étaient devenus un des symboles de la deuxième Intifada. Après ces années noires, la tour de la Palestine représente le renouveau récent de Ramallah : une ville ouverte, cosmopolite, où l’amélioration économique, au moins apparente, a permis le retour des investisseurs étrangers et de certains hommes d’affaires palestiniens de la diaspora, malgré le maintien des restrictions israéliennes.
Ibrahim Shoukeidim, l’entrepreneur palestino-américain à l’origine de la tour, est l’un d’entre eux. Souriant dans son cos




