Le corps de «Mono Jojoy» est arrivé vendredi à Bogotá, au milieu d’un déploiement de près de 2 200 policiers. Les autorités voulaient éviter toutes représailles de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) après la mort d’un de leurs principaux chefs.La veille, en pleine nuit, à l’issue de vingt-quatre heures de bombardements et de combats, 400 militaires et policiers avaient pénétré dans son campement. Le dirigeant des Farc serait mort sous les bombes avec au moins six autres guérilleros près d’un bunker dans la région de La Macarena. C’est de là, dans ce fortin montagneux aux portes des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque, que Jorge Briceño menait le Bloc oriental, longtemps la plus puissante machine de guerre des Farc.
Surnommé «Mono Jojoy» depuis qu'il courait, enfant, dans les camps rebelles où sa mère cuisinait, il avait gravi les échelons de la hiérarchie de la guérilla jusqu'à devenir l'un des sept membres de la direction nationale. Pour le président Juan Manuel Santos, et nombre de ses concitoyens, il était devenu un «symbole de la terreur» à la fin des années 90, quand ses hommes avaient asséné aux forces colombiennes les coups les plus humiliants. Ils avaient pris des garnisons dans l'est du pays et capturé des centaines de militaires et policiers - dont une vingtaine sont encore prisonniers.
Rapacité. Les adolescents guérilleros, qui portaient des pin's à son effigie, buvaient alors ses paroles lorsqu'il




