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Roms : l’UE doit sanctionner la discrimination d’Etat

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ParEtienne Balibar
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Publié le 27/09/2010 à 0h00

Ceci est un appel aux citoyens français et européens. Lors de la réunion des chefs d’Etat européens à Bruxelles, le 16 septembre 2010, le président français, Nicolas Sarkozy, a dû faire face aux questions posées par la politique française d’expulsion groupée des Roms originaires de Roumanie et de Bulgarie. Cette politique, contraire au droit européen que la France s’est engagée à respecter et à faire prévaloir sur ses lois et règlements internes, et attentatoire aux droits de l’homme inscrits dans la Constitution française et dans la Déclaration des droits de l’homme de 1948, a soulevé à juste titre les critiques d’agences des Nations unies, du Parlement européen, de Viviane Reding, la commissaire européenne à la Justice, et de la Commission elle-même (garante de l’exécution des traités). Elle a soulevé la réprobation de l’opinion publique mondiale.

Détournant le sens d'une formule de Viviane Reding, le président français s'est drapé dans la dignité offensée de la «nation des droits de l'homme». Il a minimisé l'importance des mensonges du gouvernement français sur ses directives de police, revendiqué le droit «souverain» d'expulser les «délinquants», et laissé entendre que la France «fait ouvertement» ce que d'autres Etats font plus discrètement, ou s'apprêtent à faire. Enfin, il a renvoyé la responsabilité de la situation de malaise moral et de violence sociale créée par son instrumentalisation raciste des questions de séjour et de circula

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