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L’espionne sacrifiée

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Valérie Plame. Elle était agent secret à la CIA. En 2003, l’entourage de Bush dévoile son identité. Son histoire devient un film.

Valerie Plame. (Vincent Kessler / Reuters)
Publié le 01/10/2010 à 0h00

A intervalles réguliers, l’Amérique connaît des désastres moraux, qui alimentent ses cauchemars, les éditoriaux de ses journaux et son cinéma. Le dernier en date, c’est 2003, année de la guerre en Irak et des manipulations d’Etat. Dans un océan de propagande, la révélation par l’entourage du président Bush de la véritable identité d’un agent de la CIA - détail en soi anecdotique - donna l’étiage de la corruption de l’esprit public. Désormais, même un espion en activité pouvait être traité en ennemi par la Maison Blanche. Le scandale fut immense et, au terme d’un procès fleuve, Lewis Libby, directeur de cabinet de Dick Cheney, accusé d’être à l’origine de l’information, fut condamné à deux ans et demi de prison.

La semaine dernière, l'agent en question était à Paris. Elle s'appelle Valerie Plame et, à la CIA, dirigeait une équipe spécialisée en dissémination nucléaire. Son histoire est devenue un film, Fair Game, qui sortira en France début novembre. Au Lancaster, à deux pas des Champs-Elysées, Plame s'est livrée au traditionnel marathon des rencontres avec la presse. Agée de 47 ans, blonde, joueuse, éclatante dans son pantalon d'un blanc immaculé, Plame est très glamour. On en oublierait presque que, dans Fair Game, c'est Naomi Watts qui joue son rôle. Pourtant, elle reste une spécialiste du renseignement, qui a joui d'une vue imprenable sur l'intérieur du système de propagande Bush et qui en livre le commentaire implacable.

«Bien sûr, que je suis toujour

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