A 53 ans, Dervo Sejdic se serait bien vu président. «Tout militant a envie de diriger son pays»,dit ce combattant pour les droits des Roms, Sarajévien de naissance et de cœur. Mais il ne sera pas candidat aux élections générales de dimanche. Pas parce qu'il ne le veut pas, mais parce qu'il ne le peut pas. Inscrit au registre des minorités, Sejdic ne peut pas briguer une des trois places de coprésident de la Bosnie. Celles-ci sont réservées, selon la Constitution issue des accords de Dayton - qui ont mis fin en novembre 1995 à trois ans et demi de conflit -, à un Serbe, un Croate et un Bosniaque musulman, lesquels représentent les trois «peuples constitutifs» du pays. Le candidat serbe est élu en Republika Srpska (RS), l'entité serbe, les deux autres dans la Fédération croato-musulmane, l'autre entité de ce pays toujours supervisé par la communauté internationale.
Rigide. Cet ancien policier au physique de lutteur n'a pas ménagé ses efforts pour changer cette situation. «J'ai dit à nos députés qu'à leur place, j'aurais honte de siéger dans une instance basée sur la discrimination, s'indigne Dervo Sejdic, qui a saisi la Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg. Notre Constitution est discriminatoire à l'égard de tous les groupes minoritaires, pas seulement lesRomsoulesJuifs. Car un Serbe de Sarajevo ne peut pas, non plus, être président de la fédération croato-musulmane. Et un Croate ou un Bosniaque musulman vivant à Ba




