Sur une route bruyante et poussiéreuse, l’agence de Bradesco, l’une des principales banques privées du Brésil, a ouvert il y a un an. Public convoité ? Les 120 000 habitants d’Heliópolis, la plus grande favela de São Paulo. Tout un symbole des années Lula, marquées par un impressionnant recul de la pauvreté et l’émergence d’une nouvelle classe moyenne.
Le résultat de l’élection présidentielle, qui se tient dimanche sera d’ailleurs directement influencé par les bons résultats économiques et sociaux de l’actuel président. Sa dauphine, Dilma Rousseff, qu’il a imposée contre l’avis du Parti des travailleurs (PT, au pouvoir), était pratiquement inconnue du grand public il y a deux ans. Cette femme de l’ombre, raide et sans charisme, caracole largement en tête des derniers sondages qui la donnent même victorieuse dès le premier tour. Loin devant ses deux principaux adversaires, José Serra du Parti de la social-démocratie brésilien (PSDB, 30%) et la candidate des Verts, Marina Silva (14%). Cette dernière a cependant profité en fin de campagne des scandales de corruption et de trafic d’influence qui ont touché le proche entourage du Président (lire ci-contre) et ont poussé sa chef de cabinet à démissionner.
Mais Luiz Inácio Lula da Silva, qui achève son second mandat et ne peut constitutionnellement pas en briguer un troisième consécutif, a mis tout le poids de son extraordinaire popularité (plus de 80%) dans la balance. «Voter pour Dilma, c'est voter pour moi», scandait-il e




