Rien que l'on ne savait déjà, mais imprimé dans un rapport portant le label ONU et agrémenté du qualificatif de «génocide», le coup est rude pour le président rwandais, Paul Kagame, déjà en posture difficile. Le rapport sur les massacres commis en république démocratique du Congo (RDC) de 1993 à 2003 pour le compte du Haut-Commissariat aux droits de l'homme a été rendu public vendredi. Ce rapport, qui se présente sous la forme d'un inventaire de 617 crimes graves et massacres, incrimine à des degrés divers les protagonistes de ce qu'on a surnommé la «première guerre mondiale africaine». Le Rwanda, l'Ouganda, le Burundi mais aussi l'Angola, le Zimbabwe, le Tchad ont participé, lors des guerres congolaises, à des exactions à grande échelle ayant causé directement et indirectement 4 millions de morts.
Panique. Mais le passage le plus accablant du rapport, commandé en 2007, soit une décennie après des faits connus, met en cause le Rwanda pendant la guerre de 1996-1997. Les troupes de Kigali - qui accompagnaient alors le rebelle congolais Laurent-Désiré Kabila dans sa marche victorieuse vers Kinshasa afin de renverser Mobutu - se sont livrées à une chasse aux réfugiés hutus installés dans l'est de ce qui était alors le Zaïre. Ces centaines de milliers de réfugiés avaient quitté le Rwanda dans la panique à la fin du génocide des Tutsis (800 000 morts en 1994), de peur des représailles du FPR, la guérilla tutsie ayant mis fin au génocide et dirigé




