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Des Guatémaltèques utilisés comme cobayes : Washington s’excuse

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ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 04/10/2010 à 0h00

Au moment même où ils faisaient condamner, à Nuremberg, les expérimentations médicales des nazis, les Etats-Unis procédaient à leurs propres expériences sur des humains, au Guatemala. Mieux : l’affaire vient d’être révélée, presque par hasard, grâce à une professeure d’université, Susan Reverby, qui fouillait dans les archives de l’ex-médecin en chef de l’administration américaine, le docteur Thomas Parran.

Entre 1946 et 1948, des médecins américains ont inoculé la syphilis, la blennorragie et d’autres maladies sexuellement transmissibles à des centaines de Guatémaltèques, prisonniers, soldats ou malades mentaux. Les savants voulaient voir si la pénicilline, découverte en 1928, pouvait non seulement guérir mais aussi empêcher la transmission des MST. Ils ont notamment mené leur expérience au pénitencier central de la ville de Guatemala. Les médecins américains ont d’abord laissé les prisonniers avoir des relations sexuelles avec des prostituées contaminées. Comme ils n’obtenaient pas assez de malades, ils ont directement infecté des prisonniers en écorchant leurs pénis, bras ou visages pour y déposer la bactérie de la syphilis. Des expériences similaires ont été menées avec la blennorragie et le chancre mou sur des soldats ou des patients d’un hôpital psychiatrique. L’expérience était dirigée par le docteur John Cutler, déjà connu pour une expérimentation scandaleuse menée sur des Afro-Américains de 1932 à 1972. L’expérience au Guatemala n’est pas un cas isolé. Dans les année

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