Bakir Izetbegovic, le fils d’Alija Izetbegovic, leader des Musulmans bosniaques pendant la guerre, représentera cette communauté au sein de la présidence collégiale de Bosnie, aux côtés du Serbe Nebojsa Radmanovic et du Croate Zeljko Komsic, tous deux réélus. Le politologue Sanel Huskic analyse le résultat des élections générales qui se sont tenues dimanche dans les deux entités de ce pays divisé depuis la fin de la guerre (1992-1995) : la Fédération de Bosnie-Herzégovine (croato-musulmane) et la République serbe de Bosnie.
Que montrent ces résultats ?
Bakir Izetbegovic, selon des résultats presque définitifs, succède à Haris Silajdzic, dont la politique de confrontation [vis-à-vis des Serbes, ndlr] a été sanctionnée. Il y a une lueur d'espoir. Les sociaux-démocrates ont progressé à Sarajevo. Les nationalistes de Milorad Dodik continuent de dominer à Banja Luka mais ils sont moins forts. Contrairement à ce que certains auraient cru, le petit parti Nasa Stranka [formé par des intellectuels multiethniques dont le cinéaste Danis Tanovic, ndlr] n'a pas percé, victime de son manque de sérieux.
Pourquoi ce soutien aux partis ethniques ?
En 1996, les Etats-Unis ont débarqué et ont dit : «Vous avez maintenant la paix, vous aurez aussi la démocratie.» Les gens ne savaient pas pour qui voter et ils ont voté pour leurs anciens chefs de guerre. Ces derniers ont ainsi obtenu la légitimité de conduire les affaires de la Bosnie et des institutions mises en place par les accords de Dayton, en 1995. Ils ont privatisé le pays et en sont devenus l’




