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Libération
Reportage

A Al-Bireh, la chasse aux sorcières contre les imams du Hamas

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En traquant les militants islamistes, l’Autorité palestinienne veut assurer sa mainmise sur la Cisjordanie et le bon déroulement des négociations avec Israël.

ParDelphine Matthieussent
Envoyée spéciale à Al-Bireh
Publié le 07/10/2010 à 0h00

Après plusieurs regards furtifs alentours, Fadal Hamdal contourne l'esplanade blanche baignée de soleil de la mosquée principale d'Al-Bireh, une petite ville adjacente à Ramallah. Il presse le pas pour rejoindre une discrète terrasse ombragée derrière l'édifice. «C'est quand même fou qu'après avoir passé autant de temps dans les prisons israéliennes je sois maintenant harcelé par l'Autorité palestinienne. Je ne me sens jamais en sécurité. J'évite d'être vu aux abords de la mosquée parce que j'ai peur qu'ils m'arrêtent», confie-t-il.

Imam attitré de la mosquée d'Al-Bireh pendant vingt-cinq ans, Fadal Hamdal a été élu aux législatives de janvier 2006 sur la liste du Hamas. Emprisonné par Israël pendant plus de trois ans, il est relâché en septembre 2009. Depuis, il tente en vain de reprendre ses prêches : «Comme de nombreux autres imams du Hamas, [l'Autorité palestinienne] veut m'empêcher de parler. Ils ont peur de notre rôle social. Ils savent que nous sommes proches du peuple.»

Contacts. Depuis la laborieuse reprise des négociations directes avec Israël, marquée fin août par deux attaques anti-israéliennes meurtrières revendiquées par le Hamas, l'Autorité palestinienne a intensifié sa traque des islamistes en Cisjordanie. Parallèlement, et paradoxalement, les contacts se sont multipliés au sommet, ces dernières semaines, entre Fatah et Hamas. Des pourparlers menés sous l'égide de l'Egypte et destinés à parvenir à une réconciliation entre les

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