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Portrait

Liu, le droit dans la peau

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Revenu en Chine en 1989 lors de Tiananmen, le dissident n’a cessé d’être harcelé.

Publié le 09/10/2010 à 0h00

Fin mai 1989, Liu Xiaobo interrompt son séjour à l’université Columbia de New York, où il enseigne la littérature. Alors que de nombreux Chinois commencent à fuir le chaos, Liu, 33 ans, ne pense qu’à retrouver Pékin, encerclé par l’armée, et ses anciens étudiants qui réclament pacifiquement la démocratie sur la place Tiananmen. Avec son ami Zho Duo, enseignant en marxisme à l’Institut de sciences politiques de la jeunesse, il se jette dans la mêlée. Grève de la faim, palabres jour et nuit, les deux profs sont en première ligne, pour tenter de négocier avec le pouvoir et les militaires. La nuit du 4 juin, quand l’armée tire sur les Pékinois, faisant des centaines de victimes, ils sont en larmes. L’avenir de Liu Xiaobo est tracé : il est devenu un dissident.

Il aurait pu s'enfuir en France ou aux Etats-Unis, devenir milliardaire comme Li Lu, l'ex-leader de Tiananmen qui remplacera bientôt Warren Buffett à la tête de Berkshire Hataway. Ou alors se fondre dans la Chine capitaliste et se lancer dans les affaires, comme la plupart des étudiants qui n'ont rêvé de démocratie que l'espace d'un printemps. Mais Liu Xiaobo est resté, pour perpétuer l'esprit de Tiananmen. Arrêté le lendemain du massacre, il est accusé par le régime d'avoir été «la main noire» du mouvement et passe vingt mois en prison.

«Au grand jour». A sa sortie, limogé de son poste à l'université, il n'est plus rien. Tiananmen n'est déjà plus qu'une tache dans l'histoire de la République popula

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